Steve Jobs est mort.

Le mot se passe dans toutes les bouches aujourd’hui.

Tout le monde poste sur son réseau social préféré un des innombrables articles qui retracent sa vie, qui récapitule les hommages que le monde entier lui rend. Certains hommages sont émotifs, d’autres chocs, d’autres justes, mais tout le monde s’accorde sur son génie.

Voilà bien un mec qui savait faire.

Comme tout le monde, je suis ému par sa mort. Comme tout le monde je me suis envoyé tous les articles qui sont écrits au fur et à mesure sur l’être exceptionnel qu’il était. Et comme tout le monde j’ai envie de faire mon hommage.

Et puis, c’est peut-être la meilleure impulsion pour reprendre mon blog aussi.

Steve,

Je ne t’écrirai pas à toi directement, tu as déjà trop de choses à lire. Non, je ne parlerais pas de ta vie, je vais parler de moi, de comment, sans t’avoir jamais rencontré, tu m’as changé.

Oh, il m’aura fallu du temps pour comprendre. Il m’aura fallu du temps pour appréhender ta vision de l’informatique, mais ce que j’ai vite compris, c’est ton génie de l’innovation.

Quand je t’ai découvert, tu avais déjà lancé les plus grosses révolutions du monde de convergence dans lequel nous baignons aujourd’hui. Tu avais imposé ta vision de l’informatique, de l’industrie de la musique et tu travaillais déjà en cachette sur l’iPhone.

Au début, j’étais décidé à te détester, parce que je ne pense pas différemment. Je ne suis qu’un monsieur tout le monde, avec mes idées, mes envies, certes, mais pas à la hauteur d’un leader inconditionné comme toi.

Fin 2001, quand les premiers iPod sont arrivés en France, je me moquais, jusqu’en juin 2004, l’année où j’ai fait ma première acquisition Apple : mon iPod Mini. Une merveille. J’étais comblé et j’ai commencé à te découvrir.

YouTube n’existait pas encore à l’époque, mais je regardais déjà tes keynotes en boucle sur QuickTime, à boire tes paroles. Et depuis, chaque mois de janvier (Macworld), chaque mois de juin (WWDC) et chaque mois de septembre (iPod) je m’émerveille devant tes présentations, tes « amazing », « incredible » ou autres « fantastic ».

J’étais conquis. D’un iPod Mini, je suis passé au Nano. Du PC, je suis passé par le hackintoch avant d’économiser suffisamment pour switcher au Mac.

Mais ça, c’est l’histoire que tout le monde peut raconter. Sans émotion. Sans profondeur en fait.

En juin 2005, tu as parlé aux graduates de Stanford, tu leur as raconté ta vie, ta façon de penser. Je n’ai découvert cette vidéo qu’en 2009, alors que tu étais malade. J’étais au Brésil à ce moment-là. Depuis ce jour, ton discours est sur mon iPhone, toujours près de moi et je t’écoute souvent. Je le connais par cœur, mot pour mot, idée par idée, par cœur. Je l’écoute dès que ça ne va pas dans ma vie et tu as changé ma façon de penser avec cette phrase :

“… Since then, I’ve looked in the mirror every morning and asked myself : if today were the last day of my life, would I want to do what I’m about to do today ? And whenever the answer’s been “no” for too many days in a row, I know I need to change something”

Je peux te réciter ce discours par cœur, je m’en suis imprégné et tente de l’appliquer souvent.

Régulièrement, je me regarde le matin dans le miroir et je me pose cette même question et pense à la façon dont tu as fait avancer le monde et tu m’inspires. Tu m’as inspiré ces dernières années comme personne.

Et pourtant, tu es détestable, tu écrases les gens qui ne sont pas de ton avis, tu es caractériel, mais je t’aime pour ça parce que tu respires l’innovation comme peu de visionnaires.

Dans ton discours, tu dis autre chose :

«You can’t connect the dots looking forward, you can only connect the dots looking backwards »

Je ne suis pas bien vieux et je n’ai pas réalisé grand-chose dans ma vie, alors des points à relier, je n’en ai pas beaucoup. Mais quand je regarde en arrière, je te vois à beaucoup de moments de ma vie : Que ce soit par le nombre de fois où j’ai parlé de tes produits, où j’ai fait switcher mon entourage, que ce soit lorsque j’ai monté le dossier de partenariat entre mon école d’ingé et Apple ou alors tout simplement en passant plusieurs heures par jour sur tes créations. Je vois toujours ton ombre et l’inspiration que tu me donnes.

Je te le crie Steve : j’ai grandi avec et grâce à toi.

Maintenant, tu es parti et de toi, je n’ai plus que ta seule biographie autorisée que j’ai déjà précommandée il y a presque 1 an ! Mais je sais également que ta vision est inscrite au cœur de l’entreprise que tu as créée et Apple te rendra le plus beau des hommages : perpétuer ton incroyable force d’innovation.

I’ll stay hungry, I’ll stay foolish, Steven. Je te le promets.

MERCI !